|Marie-France Laberge
Witches of the 21st Century: From “Accused” to “Self-Named” and from Coven to Algorithm

J'ai tellement de choses à dire que ce billet sera la première partie.

Est-ce parce que je suis fille de pharmacien que je m'intéresse depuis longtemps au métier d'apothicaire, aux substances exotiques qu'ils manipulaient et à l'histoire de leurs découvertes, parfois à la frontière entre science et charlatanisme ? Des apothicaires aux sorcières , il existe toujours ce point commun : l'herboristerie, la guérison, voire les poisons !

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Ce qui nous intéresse ici, c'est que, quelle que soit votre spiritualité, vous avez probablement déjà ressenti le besoin de vous connecter à quelque chose de plus grand que votre liste de choses à faire. De trouver un sens à votre vie. De sentir que vous avez encore votre mot à dire sur votre propre histoire. C'est là que la sorcellerie moderne devient attrayante pour certaines personnes, comme un langage qui leur permet de comprendre le monde. De plus, elle s'est ancrée dans la culture populaire. Tout un univers de sorcières modernes existe en ligne, notamment sur TikTok, où le hashtag #WitchTok a cumulé des milliards de vues au fil des ans. Et le changement le plus important par rapport à l'époque des sorcières de Salem ne réside pas tant dans telle ou telle coutume des sorcières, mais plutôt dans la dynamique de pouvoir qui se cache derrière le mot « sorcière » .

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Le mot « sorcière » était autrefois une arme. Aujourd'hui, c'est souvent un choix.

Soyons clairs : les « sorcières » de Salem ne pratiquaient pas la magie et ne faisaient pas tenir leurs mobiles lunaires avec des jarres à sortilèges. À Salem, être « sorcière » était une accusation, une étiquette collée à quelqu’un par la communauté, alimentée par la peur, la suspicion et l’autorité. Les accusées ne se reconnaissaient généralement pas comme sorcières. Elles étaient étiquetées ainsi, souvent sous la pression, les interrogatoires et la panique sociale.

Aujourd'hui, le terme « sorcière » désigne souvent tout le contraire : une personne qui choisit ce nom . Elle s'approprie un mot chargé de connotation et en fait une identité, une pratique, voire un symbole. C'est la vision moderne : sorcière comme définition de soi , et non comme punition.

Pourquoi la sorcellerie fait son retour

Lorsque les gens sont frustrés, ils se tournent souvent vers la sorcellerie car les moyens habituels par lesquels ils parviennent à leurs fins ne fonctionnent plus.

Ce sentiment que « les canaux habituels ne fonctionnent plus » est très caractéristique du XXIe siècle :

  • Les institutions semblent lentes ou dysfonctionnelles;

  • L'économie donne l'impression d'être un piège;

  • La vie sociale est fragmentée;

  • L'épuisement professionnel est chronique;

  • L'avenir fait peur.

Avant même la pandémie, la sorcellerie connaissait déjà un regain de popularité en réaction aux troubles sociaux. La pandémie ne l'a pas inventée ; elle n'a fait qu'attiser une tendance déjà bien ancrée.

Et non, cela ne signifie pas que tout le monde se met soudainement à croire aux sorts au sens littéral du terme.

Cela signifie que les gens ont faim de :

  • symbolisme

  • rituel

  • communauté

  • une manière d'interpréter l'incertitude qui ne se résume pas à «scroller indéfiniment puis paniquer ».

Vous n'êtes peut-être pas une sorcière moderne, mais si le sujet vous intéresse, revenez vendredi prochain pour la deuxième partie.

Sources :

- Le magazine Wired : TikTok est devenu le foyer de la sorcellerie moderne

- Université Brandeis : Sorcellerie moderne : émancipation, féminisme et rituels

- TikTok : #WitchTok

- Magazine Vogue : Qu’est-ce qu’être une sorcière moderne ? Trois sorcières partagent leurs expériences.


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